Очерки по хидрологията на басейна на р. Марица

Инж. Б. Ангеловъ. Очерки по хидрологията на басейна на р. Марица

Ing. В. Аngеlоff. Esquisses hydrologiques du fleuve Maritza

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          Le bassin de la Maritza d’après sa situation, sa configuration et son climat, présente un intéressant objet géographique où se reflète la civilisation humaine des plus anciens temps. Les nombreux tumulus dispersés dans la vallée et les trouvailles antiques le rendent un véritable musée.

          Dans la nomenclature du fleuve et de ses principaux affluents on trouve des racines linguistiques provenant de très anciens peuples, des racines des langues mortes comme le thracophrygue, l’ancien-grec etc. Les racines des noms anciens conservés désignent des conceptions primitives de rivières et de cours d’eau qu’on trouve encore maintenant aux pays primitifs.

          Ainsi, le nom Έβρος, mentioné dès le VI siècle av. J. Chr., selon le Prof. St. Mladenov, provient de la racine de l’ancien-grec αρ, qui signifie couler, et Maritza — de la racine de l’indoeuropéen mar, de maré, grand cours d’eau, beaucoup d’eau.

          Des différents suffixes et préfixes qu’on ajoute à la racine ap proviennent les noms de quelques affluents de la Maritza qu’on emploie encore aujourd’hui.

            Άγρίχνες, (Erigon) — Erkené

            Άραρος, (Άρτισχος) — Arda

            Άρσος (Arzus) — Sazlyka

            Άρισβος (Syrmus) — Strema

            βάργος = βάργος — folle + Jana — petite rivière = Louda Jana.

           D’une autre racine indo-européenne dan = rivière provient le nom thraco-phrique

            Τόνςος — Tounja et Taja

et de

            ut — ύδ — ωρ = de l’eau

sont

            Utus — r. Vite de Bulgarie du Nord,

            Utus — Vatcha, affluent de la Maritza.

La racine stru, sru = couler qu’on trouve dans les noms

            “Ιστρος (Ister) — Danube, Dunav

            Άρіσβος, Σερμιος (Syrmus) — Strema.

        Le petit centre peuplé Στενίμκχος a donné le nom de la rivière courante de son côté, mais il est probable qu’elle a été appelée aussi Βάργος.

        L’occupation de la Thrace par les Romains a latinisé facilement la nomenclature des rivières à cause de la parenté des langues. Mais ils paraissent aussi de nouvelles nominations.

        Άρισβος chez Strabon est Syrmus chez Plinius et plus tard devient Ghiopsa par la ville Ghiopcie. Osormus (?) — Topolnitza, Ucasus — Javoritza.

        L’invasion des Slaves, puis des Bulgares, plus tard des Turcs, dont les langues sont toutes différentes de celles de leurs prédécesseurs, a modifié d’après la phonétique de la nation dominante les noms utilisés des rivières.

        Maritza, accepté par les Slaves, devient en turc Nechri-Meridj = le fleuve Maritza.

Syrmus en bulgare Strema, en turc Ghiop-sou

Άρισβος            „ Raschka                     „           Ak deré

Στεν'μαχος        „ Stanimachka reka       „           Stanimaka-sou

                                    ou Altin-dere, ou simplement Tchaï.

Utus                 „ Vatcha, en turc Pascha-Tchaï.

        La rivière Osormus(?) prend le nom bulgare Topolnitza, qui signifie peuplier mais provient du nom de l’ancien castel Στοπώνιον modifié plus tard en Toponiz. En turc son nom est Toozloudere, c. a. d. rivière qui porte des poussières.

        Ainsi le nom du grand fleuve 'Έβρος, Maritza, de l’ancienne Thrace et de ses principaux affluents Τόζος, Άραρος et d’autres sont des débris préhistoriques des nations inconnues qu’on continue à employer jusqu’à nos jours.

 

II. Le régime des rivières

         Aucun des affluents de la Maritza n’a sa source dans des glaciers ni dans des grands lacs, c’est pourquoi le débit de ces rivières dépend exclusivement des précipitations atmosphériques et des quantités de l’évaporation et de l’absorption.

         La hauteur annuelle des pluies dans la vallée n’est que de 503 m. m., c’est donc la plus sèche zone en Bulgarie. La sécheresse s’explique par le mouvement atmosphérique qui prend naissance à cause du réchauffement par le soleil de la vallée (fig. 2). La pluie moyenne sur le bassin entier de la rivière est d’environ de 600 m. m. et son maximum sur les hauteurs montagneuses remonte à 900 m. m. Seules les neiges jouent le rôle de grands récipients pour régulariser le régime des eaux courantes et empêcher leur écoulement rapide (fig. 3).

         L’évaporation de la surface libre de l'eau sous l’ombre à Sophia est de 394 m. m. quand la hauteur de la pluie pour la même période de temps est de 635 m. m. soit 0-62% de la pluie. D’autre part, l’évaporation d’un lac de 6.2 km.2 de surface près de la ville de Bourgas, sur la mer Noire, exposé au soleil et au vent est de 1-66 fois plus grande que la pluie tombée (512 m. m.). L’évaporation journalière du lac pendant l’été est ordinairement 5 à 5.5 m. m., mais elle s’élève maximum à 8 et rarement à 10 m. m. Par conséquent, la majeure partie des eaux disponibles pour nos rivières s’évapore.

          Pour établir l’influencc du bassin et de sa végétation sur l’écoulement des eaux nous avons fait pendant 5 années des études détaillées sur les débits de deux affluents de la Maritza : l’un Topolnitza dont le bassin est assez nu et qui s’étend sur les versants méridionaux du Balkan, et l’autre — Vatcha, qui s'étend sur le massif des Rhodopes avec un bassin bien reboisé. Les résultats moyens sont donnés à la page 46. On en fait des conclusions suivantes : (a) les rivières des Rhodopes disposent de beaucoup plus d’eau et elles ont un régime plus régulier (voir fig. 4 et 5) que les rivières descendantes du Balkan, et (b) le coefficient d’écoulement pour les premières rivières est de 37.7% et pour les secondes de 27.4%.

          De cette étude complétée par des études pareilles faites sur d’autres rivières (Strema, Tchaï, Tounja etc.) est composé le tableau à la page 48. On voit que du bassin montagneux de la Maritza de 12,727 km.2 coule annuellement un débit moyen de 87·96 m3/1" qui en été diminue à 17·80 m3/1". Un fait qui souligne la pauvreté de l’eau de ce fertile coin de notre pays.

           L’érosion et l’éboulement de grandes quantités de sable et de vase (limons) par les eaux descendant du Balkan à cause de son déboisement est un autre malheur qui augmente les dommages des entreprises projetées à retenir les eaux nécessaires pour l’irrigation de la vallée de la Maritza.

           Des mesures prises depuis longtemps ont montré que les matières portées par les eaux de la Topolnitza reviennent à 1.12 kgr. par m3 de l’eau, soit une quantité de matières suspendues dans les eaux courantes d’environ 300,000 t. par an.

            Le maximum de matières suspendues dans les eaux de la Topolnitza s’est trouvée être de 1/40 tandis que celle de la Maritza revient à 1/200.

 

III. Les inondations de la Maritza

            L’une des grandes inondations du fleuve Maritza est mentionnée en 1712 et une autre plus ancienne encore indiquée par le géographe turc Hadji Kalfa a eu lieu sous le règne du sultan Selim II (1566—1573) concernant l’inondation de la ville d’Andrinople.

            La dernière des inondations catastrophiques qui est restée mémorable pour la population indigène à cause de ses grands dommages a eu lieu en 1858 (30—31 août). Alors les eaux à Pazardjik se sont élevées à 3.80-4.O0 m. au-dessus de l'éliage. La partie basse de la ville de Plovdiv était complètement sous l’eau, sa hauteur atteignait 4.50 m. A Andrinople, la même année, l’inondation est survenue le 22 novembre avec hauteur des eaux 2.84 m. au-dessus des rivages.

            Une autre inondation beaucoup plus basse, mais laquelle n’est pas encore surpassée, est celle de Maritza au mois de juin en 1911. Les eaux à Pazardjik se sont élevées à 3.03 m. et leur quantité était de 950 m3/1", alors qu’à Plovdiv elles avaient 3.52 m. avec le débit de 1,500 m3/1".

            Ne sont pas rares les cas où les différents affluents isolés jettent d’énorme quantité d’eau sans provoquer d’appréciables effets au courant du fleuve — mère.

            Comme le Danube aussi le fleuve de Maritza obtient des eaux catastrophiques à cause d’une coïncidence fatale des hautes eaux de leurs grands affluents. Ces hautes eaux sont dues aux pluies intensives et prolongées qui paralisent les vaporisations et les absorbtions. On ne doit pas penser que les reboissements des montagnes sont des méthodes radicales contre ces facteurs naturels qui produisent des inondations catastrophiques.

Ing. B. Angheloff

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